Des taux négatifs. Quels impacts sur nos placements?

Des taux négatifs. Çà veut dire quoi?

En règle générale le taux d’intérêt est la rémunération d’un agent qui a accepté de prendre un risque : banque, assurance etc… C’est le cycle normal de l’économie.

Depuis quelques mois, c’est l’inverse qui se produit. L’agent doit payer pour prendre un risque. Ce raisonnement défie le bon sens et la logique. Ainsi, les banques et les assureurs se retrouvent à payer l’état pour lui prêter de l’argent. C’était au mois de Juin ou l’OAT 10 ans est passée en territoire négatif.

Le monde change et les taux d’intérêts ne font que refléter ces changements. La politique accommodante (trop ?) de la BCE par ses rachats d’actifs, les excès de liquidité, l’absence d’inflation, autant de facteurs qui aujourd’hui ont fait baisser en excès les taux d’intérêts.

Des effets faussement opportunistes

Il est vrai que d’un certain point de vue cela peut entraîner des effets positifs à court terme : L’état s’endette gratis, les ménages peuvent emprunter plus et plus facilement pour leur primo accession à la propriété.

La nature ayant horreur du vide, ce que gagne le ménage français en frais financiers, il le reperd dans la hausse des prix de l’immobilier. Un jeu à somme nulle.

Des effets pervers bien réels pour l’épargne

A long terme de nombreux effets pervers vont se produire. A commencer par l’épargne des ménages. Au 2ème trimestre 2019 le taux d’épargne des français était de 14.8%, à comparer à 6.5% pour les britanniques. Les français épargnent beaucoup, mais la rentabilité de leur placement va significativement chuter dans les prochains mois et les prochaines années.

Les français sont friands de l’assurance vie et au cours de ce même trimestre l’épargne dans ce produit financier a augmenté de 31.2 milliards d’euros en rythme annuel.

Pourtant, les assureurs ont mis en garde leurs clients : Les taux d’intérêts négatifs ou très proche de 0% impactent très fortement la performance des fonds en euros. Un maintien sur le long terme de ces taux occasionnera forcément la fin des fonds en euros puisqu’ils ne rapporteront plus rien.

D’ailleurs, plusieurs compagnies conditionnent depuis peu le versement sur des fonds euros à un versement initial important sur des supports plus risqués (unités de compte).

Un arbitrage complexe, une rentabilité financière délicate à maintenir dans le temps 

Pour l’assurance vie, le client a deux possibilités : soit il investit tout ou partie en fonds en euro, soit il investit sur des placements plus risqués en unités de compte.

Mais ce sont les taux d’intérêts qui font le rendement des fonds euros. Ce dernier est de plus en plus faible (inférieur à l’inflation pour certains). Cela signifie que l’investisseur perd de l’argent en investissant sur certain de ces supports, même si le taux de rendement est positif.

Investir aujourd’hui en fonds en euros n’est certes pas risqué mais rare sont les compagnies qui acceptent de nouveaux investissements 100% fonds euro. Et cela ne rapporte plus grand-chose…

 L’option d’investir aujourd’hui sur des supports en unités de compte n’est pas très réjouissante non plus.

Si l’investisseur décide d’orienter sa politique de placement vers des fonds plus risqués (unités de compte) il fera cette fois-ci face à un marché financier très cher avec un CAC40 qui a grimpé de plus de 26% depuis le 1er janvier. Les perspectives à moyen terme ne sont également pas enthousiasmantes avec le ralentissement économique prévu en France, en Allemagne ou aux Etats-Unis.

Cette situation de taux très bas ou négatifs peut-elle perdurer ?

Oui au moins à moyen terme, pour la bonne raison que tant qu’il n’y a pas d’inflation ou de surchauffe de l’économie (trop de croissance) les taux de la BCE n’ont pas vocation à remonter. D’autant plus que les états « riches » et donc très endettés sont ravis de cette situation où les taux sont minimes : les banques centrales achètent leurs obligations en créant encore plus de liquidités et donc en faisant baisser encore plus les taux…..

Des solutions ?

La diversification, peut-être. Les fonds immobiliers (SCPI), les placements immobiliers peuvent être des alternatives intéressantes pour la recherche d’une rentabilité, même si la liquidité de ces placements n’est pas toujours au rendez-vous et que le risque est bien présent.

En tout état de cause, ces taux d’intérêts négatifs imposent à l’investisseur de changer son paradigme et de remettre en cause l’intérêt financier (et non fiscal) du placement préféré des français.